[WSF-Discuss] FR/ENG Mimoun Rahmani - Les dérives du Forum social mondial : Vers la fin du processus ? / The abuses of the World Social Forum: Towards the end of the process?

Roberto Savio utopie at ips.org
Wed Apr 22 08:05:04 CDT 2015




jai, as you can see there is a creeping debate ..to ignore and go ahead with business as usual is a mistake…roberto



Il giorno 22/apr/2015, alle ore 06:41, Jai Sen <jai.sen at cacim.net> ha scritto:

> Wednesday, April 22 2015
> 
> FR / EN
> 
> Worlds in movement, worlds of movement…
> 
> The World Social Forum in movement… :
> 
> (A pretty hard-hitting assessment of the Tunis Forum, and of the state of the WSF and its IC (International Council) today, by someone who, as far as I recall, was very active in the preparation of the 2013 WSF world meeting in Tunis, and then a Member of the Monitoring Committee of the Maghreb Social Forum, and otherwise an activist in ATTAC and CADTM in Morocco and even today a representative of the CADTM in the WSF IC :
> 
> Les dérives du Forum social mondial : Vers la fin du processus ?
> 
> The abuses of the World Social Forum : Towards the end of the process ?
> 
> Mimoun Rahmani
> 
>             JS
> 
> fwd
> 
> Begin forwarded message:
> 
>> From: Mimoun Rahmani <rahmani.mimoun at gmail.com>
>> Subject: [social-movements] FR/ENG Les dérives du Forum social mondial Vers la fin du processus ? The abuses of the World Social Forum: Towards the end of the process?
>> Date: April 22, 2015 at 4:33:25 AM GMT+5:30
>> To: Social Movements <social-movements at lists.riseup.net>
>> Reply-To: Mimoun Rahmani <rahmani.mimoun at gmail.com>
> 
> FR
> 
> 
> 
> Les dérives du Forum social mondial
> 
> Vers la fin du processus ?
> 
>  
> 
> Par Mimoun Rahmani[i]
> 
> Genèse du FSM
> 
> Le Forum social mondial (FSM) est né suite à l’émergence du mouvement anti-mondialisation pendant les années 1990, notamment le soulèvement des zapatistes contre l’ALENA en 1994, la campagne contre l’accord multilatéral sur l’investissement (AMI) en 1998 et la grande mobilisation en 1999 à Seattle contre le sommet de l’OMC, avec près de 50000 participants venus du monde entier.
> 
> C’était un contexte politique et idéologique marqué par le démantèlement du Mur de Berlin et la fin de la guerre froide ayant entrainé l’hégémonie des Etats Unis et de l’idéologie libérale, mais aussi par l’émergence des mouvements sociaux en lutte contre les politiques ultralibérales dictées par les institutions économiques internationales (FMI, BM, OMC) dans le cadre du Consensus de Washington.
> 
> Les ennemis du FSM étaient donc bien identifiés : le Forum économique mondial de Davos, le Fonds monétaire international, la Banque mondiale, l’organisation mondiale du commerce, les multinationales, les Etats Unis en tant qu’empire…
> 
> La charte de principes de Porto Alegre définit le FSM comme étant « Un espace ouvert de réflexion, de débat d’idées  démocratiques, de formulation de propositions, d’échange d’expériences et d’articulation en vue d’actions efficaces entre les mouvements sociaux et organisations de la société civile qui s’opposent au néolibéralisme et à la domination du monde par le capital et toute forme d’impérialisme… »
> 
> Le Forum social mondial n’est donc pas un simple évènement de débat d’idées et de proposition d’alternatives au néolibéralisme. Il est aussi un processus continu qui vise la construction d’actions communes à l’échelle planétaire. En d’autres termes, le FSM devra jouer le rôle de catalyseur des luttes sociales, rendre les luttes plus visibles, dans l’objectif global de renforcer la lutte commune contre le néolibéralisme et, d’une manière générale, contre la globalisation capitaliste, afin de contribuer à inverser les rapports de force au niveau mondial.
> 
> Cependant, le FSM connait des dérives de plus en plus graves qui l’ont « réduit à l’insignifiance »[ii], faisant de cet espace une simple foire internationale des associations et ONG de développement. Commercialisation à outrance au sein de l’espace du Forum, sous-traitance de certains aspects de l’organisation à des sociétés privées, frais d’inscription élevés, présence de délégations officielles et des intégristes islamistes, financement du Forum par des gouvernements antidémocratiques et d’autres sources de financement incertaines, enregistrement d’activités en totale contradiction avec la charte de principe du FSM…
> 
> S’ajoute à cela la crise interne que connait le Conseil international (CI) du FSM dont les commissions ne sont plus opérationnelles, ni d’ailleurs le groupe de liaison qui jouait le rôle de coordination entre les commissions et préparait les réunions dudit conseil. Les décisions sont le plus souvent préparées à l’avance par une minorité qui contrôle le CI, essentiellement des membres des grandes ONG dont la présence et l’influence sont de plus en plus importantes devant la faiblesse des mouvements sociaux et des mouvements de lutte.
> 
> L’espoir de Tunis 2013 évaporé après « Tunis 2015 » !
> 
> Le FSM de Tunis 2013 a donné un nouveau souffle au processus, ou du moins une bouffée d’espoir ! Le processus révolutionnaire et les soulèvements populaires, en Tunisie et un peu partout dans le monde arabe ont permis de réaliser un Forum plus ou moins réussi en comparaison avec les éditions précédentes, notamment celles tenues en terre africaine (Nairobi en 2007 et Dakar en 2011). C’est d’ailleurs le bilan positif tiré par le CI qui a poussé ses membres à prendre la décision d’organiser une deuxième édition consécutive à Tunis en 2015. On s’attendait alors à une évolution par rapport à 2013, aussi bien en termes de mobilisation et d’organisation qu’en ce qui concerne l’implication des mouvements sociaux de lutte et l’articulation entre les mouvements en vue d’actions communes concrètes. Malheureusement le résultat obtenu a été décevant, malgré les très bons débats dans certains ateliers et les conclusions intéressantes de certaines assemblées de convergence ayant proposé des dates d’actions communes[iii].
> 
>  
> 
> Les dérives du FSM 2015
> 
> La 13ème édition du FSM avait comme défis d’assurer une participation importante, autant que celle de 2013, de faire converger les luttes des mouvements sociaux, en particulier au niveau de la région qui connait une ébullition de mouvements de contestation : mobilisations contre l’exploitation de gaz de schiste en Algérie, mouvement des enseignants en grève en Algérie et en Tunisie, lutte des diplômés chômeurs pour leur droit au travail… Et les soulèvements populaires en Afrique (Burkina Faso, Togo, Congo…), en Europe (en particulier en Grèce et en Espagne) et en Amérique latine. Le 3ème défi était celui de faciliter la construction des agendas communs contre les institutions financières internationales et le système dette, contre l’exploitation des ressources naturelles par les multinationales, contre les traités néo-libéraux de libre-échange, contre la régression des droits humains les plus élémentaires, contre la violence envers les femmes, pour la justice climatique et la souveraineté alimentaire, pour la justice sociale et la paix… Le 4ème défi était d’ordre organisationnel et de sécurité, c’est-à-dire assurer une qualité requise d’organisation et d’interprétariat et éviter les violences et les perturbations que peuvent causer les affrontements d’ordre politique comme cela s’est passé lors des éditions précédentes.
> 
> A l'approche du FSM les craintes grandissaient et une partie d'entre elles se sont confirmées. D’abord sur la question de la mobilisation, malgré l’inscription d'un grand nombre d'organisations (plus de 4000) et pas moins de 1200 activités enregistrées, la participation a été plus faible qu'en 2013. Les estimations du comité d’organisation sont de l’ordre de 45000 participants mais c’est un chiffre assez surprenant et certainement « gonflé » ! Il n’a été basé ni sur le nombre de badges distribués ni sur les inscriptions confirmées.
> 
> Un autre aspect qui mérite d'être souligné ; à savoir la quasi incapacité des mouvements réellement en lutte de participer à ce Forum. Certes, il y a eu des débats sur la Grèce, sur l’Espagne, sur les mouvements de protestation actuellement en Afrique (au Burkina Faso, au Togo, en Congo...) mais ces mouvements de lutte, et d’une manière générale ceux qu’on appelle « les nouveaux mouvements » n’étaient pas présents.
> 
> Le 27 et le 28 mars une trentaine d'assemblées de convergences étaient programmées. Cependant des ateliers autogérés ont été organisés en parallèle. C’est ce qui justifie la faible participation dans les assemblées. Cette méthodologie n’a pas facilité les convergences.
> 
> Il est par ailleurs important de souligner que certains contenus de quelques activités étaient en contradiction totale avec la charte de principes du FSM: des organisations qui défendent les agendas de la Banque mondiale, la tenue d'activités qui défendent les accords de partenariats entre l'UE et les pays de la rive Sud de la Méditerranée, d’autres qui parlent d’entreprenariat en économie solidaire, etc. Le programme du Forum a été lui aussi sponsorisé par des entreprises tunisiennes (TUNISIE TELECOM, TUNISAIR, TRANSTU…). S’ajoute à cela la forte présence des religieux islamistes qui distribuaient des livres de propagande religieuse gratuitement ! Ainsi que des partis islamistes dont le parti marocain « Justice et bienfaisance » qui tenait même son stand à la faculté de droit !
> 
> La présence d’une forte délégation pro régime algérien (environ 1200 participants pris en charge par le gouvernement) et d’une délégation officielle marocaine ont paniqué le Forum et perturbé la tenue de certaines activités. Le comité d’organisation devrait faire une conférence de presse le 27 mars au matin pour dénoncer les violences causées par la délégation algérienne (sans toutefois citer la délégation officielle marocaine !) mais ladite conférence a été perturbée par cette même délégation.
> 
> Un autre très gros problème : l'interprétation. Le comité d’organisation tunisien a préféré former un groupe de volontaires locaux, notamment des étudiants de langues et des enseignants de traduction sans toutefois faire appel à l’expérience et l’expertise du Réseau Babels reconnu par son expérience, sa compétence et son implication politique dans le processus du FSM et qui a jusqu’ici assuré l’interprétation des différentes éditions du FSM. Le Comité local, ayant jugé que les interprètes de Babels sont « coûteux et exigeants ! » s’est contenté des volontaires qui ont très peu d’expérience et dont le nombre était très insuffisant. Cette démarche a amené le Réseau Babels à prendre la décision de boycotter le FSM Tunis 2015[iv]. Par ailleurs les conditions de travail pour les interprètes étaient très difficiles (pas de matériel adapté, pas de perdiem, pas de nourriture…) ce qui les a poussés à observer une grève l’après-midi du 27 mars au moment même où se tenaient certaines assemblées de convergence.
> 
>  
> FSM Tunis 2015 : un Forum anti terrorisme !
> 
> Après l’attaque du Musée de Bardo de Tunis le 18 mars ayant fait 22 morts, le comité d’organisation du FSM s’est réuni en urgence et a fait un communiqué dans lequel il annonçait le maintien de la tenue du Forum, et sa décision de changer l’itinéraire de la marche d’ouverture du Forum qui partira désormais de la place Bab Saadoun en direction du musée du Bardo sous le mot d’ordre « Les peuples du monde contre le terrorisme » ! Le communiqué parlait également de la création d’une commission au sein du conseil international pour la rédaction de « la charte internationale altermondialiste du Bardo de lutte contre le terrorisme. »
> 
> Dès lors, le FSM s’affichait en évènement antiterrorisme et les médias tunisiens ne parlaient que des altermondialistes qui viennent en Tunisie pour « dénoncer le terrorisme » ! Heureusement, plusieurs membres du CI du FSM et d’autres activistes internationaux ont réagi rapidement et exprimé leurs inquiétudes. Une réunion des mouvements sociaux internationaux avec le comité d’organisation, tenue le 22 mars, a permis de clarifier les choses et de se mettre d’accord sur le slogan de la marche d’ouverture : « Les peuples du monde unis pour la liberté, l’égalité, la justice sociale et la paix, en solidarité avec le peuple tunisien et toutes les victimes du terrorisme et toutes les formes d’oppression ». Les mouvements sociaux ont refusé que le FSM soit considéré comme un évènement contre le terrorisme et ont précisé qu’il y a en fait plusieurs formes de terrorisme et que le terrorisme est nourri par l’impérialisme international.
> 
> Malgré ces clarifications la marche d’ouverture était en globalité une manifestation contre le terrorisme, tel que rapporté d’ailleurs par la presse et les médias tunisiens qui annonçaient que les organisations de la société civile internationale manifestent à Tunis contre le terrorisme !
> 
> La question du terrorisme qui s'est invité dans le débat (y compris à la réunion du CI du FSM) montre bien qu’au sein du FSM lui-même il y a ceux qui se mettent dans le sillage de l'impérialisme et ceux qui le combattent.
> 
>  
> L’avenir du FSM ?
> 
> Il est clair que le Forum social mondial est en crise actuellement, de même que son Conseil international. Il a été récupéré par les défenseurs d’un « libéralisme à visage humain ! », ceux qui considèrent le Forum comme un simple évènement. La lutte contre le système capitaliste n’est pas à l’ordre du jour et ne constitue pas un agenda commun des différentes composantes de la dynamique du FSM. L’avenir du processus est donc incertain !
> 
> En d’autres termes, le FSM est replié sur lui-même et ne vise plus à faire contrepoids au Forum économique mondial de Davos ou quelque autre instance du néolibéralisme. Il n'a plus d'objectifs en termes d'ennemis à combattre. Et pire encore, il se met sous le giron de l'empire (cf lutte contre le terrorisme). En fait, il n'a plus de boussole politique.
>  
> En outre, le FSM n'est jamais parvenu à être réellement un Forum où s'expriment les mouvements de lutte. Seules les organisations structurées parviennent à financer le déplacement de quelques militants. C’est très rare qu’on pense ceux qui sont sur le terrain.
>  
> L’Assemblée des mouvements sociaux (AMS) qui était le dernier moment du FSM pendant les premières années, et qui appelle à chaque édition à des journées d’actions et de mobilisations à l’échelle mondiale, a été vidée de son sens par la stratégie et la méthodologie mise en place par le CI. Elle est désormais marginalisée et placée au même niveau que les autres assemblées de convergence ! L’idée était justement de casser la dynamique de l’AMS qui se positionne concrètement dans le champ des alternatives à la globalisation capitaliste. Et les mouvements sociaux eux même ont contribué à cela par leur repli et leur désintérêt, notamment certains grands mouvements internationaux ayant initié cette dynamique.
> 
> Les mouvements sociaux, en particulier ceux qui composent l’AMS, ainsi que les différents mouvements qui luttent à l’échelle planétaire pour la justice sociale, sont appelés à plus de coordination et de concertation en vue de la lutte commune, au-delà même du FSM, pour renforcer la lutte contre la globalisation capitaliste en vue d’un autre monde plus juste et plus équitable.
> 
>                                                 
> 
> Notes :       
> 
> [i] Membre d’ATTAC/CADTM Maroc et représentant du Réseau CADTM international au CI du FSM.
> 
> [ii] Le Forum social mondial réduit à l’insignifiance, Emir Sader, sociologue et politiste brésilien :  http://www.medelu.org/Le-Forum-social-mondial-reduit-a-l
> [iii] Voir notamment la déclaration de l’assemblée des mouvements sociaux : http://cadtm.org/Declaration-de-l-Assemblee-des,11449
> 
> [iv]Voir communiqué du réseau Babels : http://www.babels.org/spip.php?article565
> 
>  
> ENG
> 
> The abuses of the World Social Forum: Towards the end of the process?
> 
> By Mimoun Rahmani
> 
> Genesis of the WSF
> 
> The World Social Forum (WSF) was born following the emergence of the anti-globalisation movement in the 1990s, including the Zapatista uprising against NAFTA in 1994, the campaign against the Multilateral Agreement on Investment (MAI) in 1998 and the great mobilisation in 1999 in Seattle against the WTO summit, with nearly 50,000 participants from around the world.
> 
> The political and ideological context was marked by the dismantling of the Berlin Wall and the end of the Cold War which led to the hegemony of the United States and liberal ideology, but also by the emergence of social movements fighting against the ultra-liberal policies dictated by the international economic institutions (IMF, WB, WTO) as part of the Washington Consensus.
> 
> The enemies of the WSF were therefore well identified: the World Economic Forum in Davos, the International Monetary Fund, the World Bank, the World Trade Organization, the multinationals, the United States as an empire...
> 
> The Charter of Principles of Porto Alegre defines the WSF as "An open space for reflection, democratic debate of ideas, formulation of proposals, exchange of experiences and interlinking for effective action among social movements and civil society organisations that are opposed to neoliberalism and to the domination of the world by capital and any form of imperialism..."
> 
> The World Social Forum is therefore not simply an event for the debate of ideas and proposing alternatives to neoliberalism. It is also an ongoing process that involves the construction of common actions on a global scale. In other words, the WSF will have to be a catalyst for social struggles, and to make struggles more visible, with the overall objective of reinforcing the common battle against neoliberalism and, in general, against capitalist globalisation, to help reverse the balance of power in the world.
> 
> Meanwhile, the WSF is aware of more and more serious abuses that have "reduced (it) to insignificance" [1] , making it into a simple international fair for associations and development NGOs. Excessive commercialisation in the heart of the Forum area, outsourcing certain aspects of the organization to private companies, high fees, the presence of official delegations and Islamist fundamentalists, funding of the Forum by undemocratic governments and other uncertain funding sources, activities recorded in complete contradiction with the principles of the WSF Charter...
> 
> Add to that the internal crisis of the International Council (IC) of the WSF whose commissions are no longer operational, as well as the liaison group that played the role of coordination between the commissions and prepared Council meetings. Decisions are most often prepared in advance by a minority that controls the IC, mostly members of large NGOs whose presence and influence are increasingly important faced with the weakness of social movements and movements for change.
> 
>  
> The hope of Tunis 2013 evaporated after "Tunis 2015"!
> 
> The WSF in Tunis 2013 gave a new impetus to the process, or at least a little hope! The revolutionary process and the popular uprisings in Tunisia and elsewhere in the Arab world have achieved a Forum more or less successful in comparison with the previous editions, including those held on African soil (Nairobi in 2007 and Dakar in 2011). This is also the positive conclusion drawn by the IC that pushed its members to take the decision to organise a second consecutive forum in Tunisia in 2015. Compared to 2013, a change was expected, both in terms of mobilisation and organisation in regard to the involvement of social movements for change, and articulation between movements for common concrete actions. Unfortunately the result was disappointing, despite very good debates in some workshops and some interesting conclusions from certain convergence assemblies which proposed joint action dates [2] .
> 
>  
> The excesses of the WSF 2015
> 
> The 13th edition of the WSF faced the challenge of ensuring significant participation, as much as that of 2013 to bring together the struggles of social movements, especially in the region that is experiencing protests boiling over: protests against the shale gas development in Algeria, the movement of striking teachers in Algeria and Tunisia, unemployed graduates fighting for their right to work... and the popular uprisings in Africa (Burkina Faso, Togo, Congo...), in Europe (particularly in Greece and Spain) and Latin America. The third challenge was to facilitate the construction of common agendas against the international financial institutions and the debt system, against the exploitation of natural resources by multinationals, against neo-liberal free trade treaties, against the regression of the most basic human rights, against violence against women, for climate justice and food sovereignty, social justice and peace ... The fourth challenge was for the organisational and security sectors, that is to say assure a required quality of organisation and interpretation and avoid violence and disturbances that political clashes can cause as happened in previous years.
> 
> As the WSF approached fears were growing, and some of them were confirmed. First on the issue of mobilisation, despite the inclusion of a large number of organisations (over 4,000) and no less than 1200 recorded activities, participation was lower than in 2013.The estimates of the organising committee are of the order of 45,000 participants, but this is a quite surprising figure which is certainly "inflated"! It was not based on the number of badges distributed or on confirmed registrations.
> 
> Another aspect that should be highlighted; i.e. the near inability of some movements really struggling to participate in this Forum. Certainly, there have been debates on Greece, on Spain, the current protests in Africa (Burkina Faso, Togo, Congo...) but these movements, and in a general manner the so-called "new movements" were not present.
> 
> On 27 and 28 March around thirty convergence assemblies were scheduled. However self-managed workshops were organised in parallel. This is what accounted for the low participation in the meetings. This methodology did not facilitate the convergences.
> 
> It is also important to note that some content of some activities were in contradiction with the WSF Charter of Principles: organisations defending the agendas of the World Bank, activities that defend the partnership agreements between the EU and the countries of the southern shore of the Mediterranean, others who talk about entrepreneurship in solidarity-based economy, etc. The Forum program was also sponsored by Tunisian enterprises (TUNISIA TELECOM TUNISAIR, TRANSTU ...). Add to that the strong presence of religious Islamists distributing free religious propaganda books! As well as Islamist parties like the Moroccan party "Al Adl wal Ihsane" (Justice and Spirituality), which even held its stand at the Law School!
> 
> The presence of a strong delegation of Algerian pro-regime (about 1200 participants supported by the government) and a Moroccan official delegation panicked the Forum and disrupted the conduct of certain activities. The organising committee had to do a press conference on March 27th in the morning to denounce the violence caused by the Algerian delegation (without citing the official Moroccan delegation!) but that conference was disrupted by the same delegation.
> 
> Another very big problem: interpretation. The Tunisian organisation committee preferred to form a group of local volunteers, including language students ​​and translation teachers, without using the experience and expertise of the Babels network recognised for its experience, competence and political involvement with the WSF process, which has so far provided interpretation for the various editions of the WSF. The Local Committee, having found that Babels interpreters are "expensive and demanding!", contented themselves with volunteers with very little experience and whose number was very inadequate. This has led the Babels network to make the decision to boycott WSF Tunisia 2015 [3] . Also working conditions for performers were very difficult (no adapted material, no per diem, no food ...) which led them to strike in the afternoon of March 27 while some convergence assemblies took place.
> 
>  
> WSF Tunis 2015: an Anti Terrorism Forum!
> 
> After the attack on the Bardo Museum in Tunis on March 18th that killed 22 people, the WSF organizing committee met in emergency and made ​​a statement in which it announced the continuation of the Forum and its decision to change the route of the Forum's opening march which would now leave instead from Bab Saadoun towards the Bardo museum under the slogan "The peoples of the world against terrorism"! The statement also spoke of the creation of a committee within the International Council for the drafting of the "anti-globalization international charter of Bardo for the fight against terrorism."
> 
> Therefore, the WSF advertised itself as an anti-terrorism event and the Tunisian media event spoke only of anti-globalists coming to Tunisia to "denounce terrorism"! Fortunately, several members of the IC of the WSF and other international activists responded quickly and expressed their concerns. A meeting of international social movements with the organizing committee, held on 22nd March, helped clarify and agree on the slogan of the opening march: "The peoples of the world united for freedom, equality, social justice and peace, in solidarity with the Tunisian people and all victims of terrorism and all forms of oppression". Social movements have refused that the WSF could be considered an event against terrorism, and stated that there are several forms of terrorism and that terrorism is fed by international imperialism.
> 
> Despite these clarifications the opening march was globally a protest against terrorism, and as such was reported by the press and the Tunisian media announcing that the organisations of international civil society demonstrated in Tunis against terrorism!
> 
> The issue of terrorism, which was invited to the debate (including the IC meeting of the WSF) shows that within the WSF itself there are those who put themselves in the wake of imperialism and those who fight it.
> 
>  
> The future of the WSF?
> 
> It is clear that the World Social Forum is currently in crisis, as well as its International Council. It was recovered by the supporters of a "liberalism with a human face!", those who see the Forum as a simple event. The struggle against the capitalist system is not on the agenda and is not a common agenda of the various components of the dynamics of the WSF. The future of the process is therefore uncertain!
> 
> In other words, the WSF is inward-looking and not intended to counteract the World Economic Forum in Davos or any other neoliberal body. It has no more objectives in terms of enemies to fight. And worse, it sits in the empires lap (cf. fight against terrorism). In fact, it is without a political compass.
> 
> In addition, the WSF has never managed to actually be a forum for movements to express themselves. Only structured organisations are able to finance the travels of a few militants. There has been very little attention paid to the grassroots.
> 
> The Assembly of Social Movements (ASM), which was the last minute of the WSF in the early years, and calls at each edition for action days and mobilisations worldwide, has been rendered meaningless by the strategy and methodology established by the IC. It is now marginalised and placed at the same level as other convergence assemblies! The idea was to break the momentum of the AMS which positions itself concretely in the field of alternatives to capitalist globalisation. And social movements themselves have contributed to this by their withdrawal and disinterest, including some major international movements that had initiated this dynamic.
> 
> Social movements, especially those that make up the AMS, and the various movements fighting for global social justice, are called to more coordination and cooperation for the common struggle, even beyond the WSF, to strengthen the fight against capitalist globalization for a more just and equitable world.
> 
> Mimoun Rahmani is a member of ATTAC / CADTM Morocco and representative of the International Network CADTM in the WSF IC.
> 
> Translated by Jenny Bright
> 
>  
> 
> Notes
> 
> [1] The World Social Forum reduced to insignificance, by Emir Sader, a Brazilian sociologist and political scientist
> 
> [2] See in particular the Declaration of the Assembly of Social Movements – World Social Forum 2015 :http://cadtm.org/Declaration-of-the-Assembly-of,11452
> 
> 
> [3] See press release of Babels network: http://www.babels.org/spip.php?article566 
> 
> <Les dérives du Forum social mondial (1).docx>
> <The abuses of the World Social Forum.docx>
> 
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